Le cycle de conférences hebdomadaires Transboréal - Nature & Découvertes présente ce jeudi 1er février à 20 heures :
Aral-Caspienne-Caucase : réflexion sur l’énergie vitale par Sylvain Tesson
ADRESSE :
Salle Jules Ferry – 29, rue d’Ulm – 75005 Paris
Entrée : 6 euros (tarif réduit* : 4 euros) ou carte de fidélité non nominative : 20 euros (5 entrées)
Réservation au 01 55 43 00 37 ou sur contact@transboreal.fr
En 1991, après la chute de l’URSS, d’importantes réserves de gaz et de pétrole ont été découvertes à Kashagan, dans le nord de la mer Caspienne, et dans le fond asséché de la mer d’Aral. La région aralo-caspienne se retrouve alors au centre de nouveaux enjeux et appétits pétroliers. Les vautours du monde entier, assoiffés d’énergie, se mettent à la table caspienne et aspirent à leur part. Alors que la consommation mondiale en énergie augmente de 3 % par an, que les ressources décroissent et que le Moyen-Orient apparaît de plus en plus instable, la Caspienne, jusque-là délaissée pour cause d’enclavement, revêt le visage d’un nouvel Eldorado pétrolier. Un Grand Jeu contemporain oppose Russes, Américains, Chinois, Iraniens et Kazakhs dans cette zone que les plaisantins surnomment le pipelinistan. Un réseau de nouveaux oléoducs veine en effet les steppes arides…
Le BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) convoiera dans l’avenir un million de tonnes de brut par jour. Il acheminera pendant quarante ans le pétrole des réserves caspiennes off-shore exploitées, depuis la chute de l’URSS, par un consortium international (BP, Total, Unocal, etc.). Ce serait « le plus grand défi technologique de ces dernières décennies ». L’oléoduc franchit le Caucase, passe trois fois à plus de 2 500 mètres d’altitude, traverse les reliefs de l’Anatolie, franchit plus de mille cours d’eau, triomphe de déclivités très marquées… Il permettra au Kazakhstan de raccorder ses propres gisements à ce couloir occidental pour convoyer l’or noir jusqu’à la Méditerranée où les oléoducs vomissent dans le ventre des tankers le brut caspien nécessaire à la folle marche du monde.
Sylvain Tesson est parti en juin 2006 de la rive ouzbèke de la mer d’Aral avec l’intention de suivre à pied et à vélo quelques-uns des oléoducs et gazoducs qui dessinent à la surface de l’Asie centrale et du Caucase des lignes de tension entre les nations mais aussi des axes de force géopolitiques. Il a longé sur 3 000 kilomètres le tracé de ces tubes à travers des régions caractérisées par des situations politiques instables et des géographies tourmentées. Profitant de ce séjour en des terres à haute valeur énergétique, il a par ailleurs consacré ses trois mois de progression solitaire à réfléchir à la notion de « force vitale ». L’être humain possède au fond de ses profondeurs géologiques un gisement d’énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. Qu’est ce qui nous pousse à agir ? Qu’est-ce qui nous maintient en tension ? Pourquoi l’élan intérieur est-il réparti si inégalement chez les uns et les autres ? Comment puiser les réserves au fond de soi ? Comment libérer nos forces, comment les transformer en action ? C’est ce genre de questions qui a nourri son avance, convoquant ses ressources physiques pour tailler la route à travers un univers de prédation industrielle des réserves naturelles.
Né en 1972, Sylvain Tesson a notamment accompli un tour du monde à vélo, traversé l’Himalaya à pied et l’Asie centrale à cheval. Parti de Yakoutie en juin 2003, il a aussi rallié à pied, à cheval et à vélo le golfe du Bengale sur les traces du Polonais Slavomir Rawicz qui, en 1941, se serait évadé d’un camp du Goulag soviétique. Il est notamment l’auteur de Éloge de l’énergie vagabonde (Éditions des Équateurs, 2007), Sous l’étoile de la liberté, 6 000 kilomètres à travers l’Eurasie sauvage (photographies de Thomas Goisque, Arthaud, 2005), Petit traité sur l’immensité du monde (Éditions des Équateurs, 2005), Katastrôf ! Bréviaire de survie français-russe (Mots et Cie, 2004) et L’Axe du loup, De la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du Goulag (Robert Laffont, 2004).
Pour en savoir davantage sur chaque conférence, vous inscrire sur notre liste de diffusion, lire des textes sur le voyage ou découvrir les livres de Transboréal, visitez notre site Internet http://www.transboreal.fr
Conférences à venir :
8 février : « Des comédiens en marche de Barcelone à Bruxelles » par Philippe Fenwick
15 février : « Une anthropologue chez les éleveurs mongols » par Linda Gardelle
22 février : « Un tour de France des producteurs pour une agriculture durable » par Frédéric Gana & Tifenn Hervouët
1er mars : « Robert Hainard, un artiste animalier au c¦ur de l’Europe sauvage » par Stéphan Carbonnaux
8 mars : « Quatre ans seul du cap Nord au détroit de Béring » par Gilles Elkaïm
15 mars : « Le Tro Breiz, un chemin de Compostelle breton ? » par Gaële de La Brosse
22 mars : « En canoë au fil de la Léna, en Sibérie » par Philippe Sauve
29 mars : « Redécouvrir le monde – voyage et géopoétique » par Kenneth White
Accès : RER B Luxembourg – bus 21, 27, 38, 84, 85, 89 et 91 – parking au 22 rue Soufflot
Nous vous saurions gré de faire suivre ce courriel aux personnes susceptibles d'être intéressées.
* Tarif réduit : membres du club Nature & Découvertes, d’ABM, du CAF, étudiants, chômeurs.